Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Cinéma. Afficher tous les articles

lundi 28 mars 2016

"L'hermine" de Christian Vincent, avec Fabrice Luchini





L’hermine est une bande de fourrure blanche qui symbolise une haute charge de l’État et qui orne certains costumes d’audience, comme celui de Michel Racine, le Président de cours d’assises incarné par Fabrice Luchini. "Président" et non pas "juge" comme il le répète souvent aux témoins qui l’appelle Monsieur le juge. Ce film aurait pu s’intituler aussi « L’écharge rouge » parce que, au civil, Racine délaisse son épitoge herminée pour se cacher derrière sa grosse écharpe d'un rouge vif. 

dimanche 19 juillet 2015

Cinéma de vacances: "La passion d'Augustine" de Léa Pool


J'aime les longs voyages en avion parce que c'est pour moi l'occasion de faire des séances de rattrapage-cinéma. Dans l’avion Montréal-Nice en juin dernier, j'ai (enfin!) vu Mommy de Xavier Dolan, un film intense sur les relations mères-fils, dont on connait tous le succès mondial. Et comme le voyage est assez long pour regarder deux films, j’ai vu aussi Une merveilleuse histoire de temps qui raconte la passionnante et exceptionnelle histoire du physicien Stephen Hawking jusqu’à son deuxième mariage.

Dans l’avion de retour, j'ai vu deux autres films: Still Alice avec Julianne Moore qui a remporté une pléthore de prix pour ce rôle d’une femme brillante de 50 ans atteinte d'une maladie d'Alzheimer précoce.

Et finalement, j’ai eu le plaisir de visionner La passion d'Augustine de Léa Pool, film québécois sorti il y a quelques mois. Léa Pool est une réalisatrice née en Suisse en 1950, émigrée au Québec en 1975. 

Le film met en vedette Céline Bonnier dans le rôle d’une religieuse qui dirige un couvent à vocation musicale, dans les années 1960 au Québec. Elle doit se battre pour sauver son couvent à l’époque où l’Église perd sa suprématie au profit de l’État qui veut instaurer un système d’éducation publique. Les religieuses tentent de se moderniser pour garder leur couvent. 

« Je raconte la fin d’une époque. Je voulais parler de toutes ces femmes remarquables en posant ma caméra sur l’intimité dans la vie de ces religieuses qui nous racontent à leur manière la grande avancée de l’histoire. » Léa Pool

En plus du contexte historique rigoureusement reconstitué, La passion d'Augustine se démarque par la beauté de ses images. Les scènes sont composées comme des tableaux de maître : on pense à Jean-Paul Lemieux pour les scènes de neige, à Vermeer pour les scènes intérieures de couvent. La musique classique est omniprésente. Elle est un personnage à part entière dans l'histoire, un élément propulseur qui élève les personnages vers une forme de spiritualité. 

Les actrices sont brillantes. En particulier Sandrine Bonnier dans le rôle de Mère Augustine, qui, toute en froideur et retenue, réussit à faire ressentir le feu intérieur qui l’anime. La jeune Lysandre Ménard, 21 ans, élève au Conservatoire de Musique, fait ses premiers pas d'actrice et crève l'écran par son joli visage et son talent de pianiste. Mentionnons que c’est Léa Pool qui a découvert, dans son film Emporte-moi en 1999, la jeune Karine Vanasse qui fait aujourd’hui une carrière internationale. 

Le sujet des religieuses qui veulent sauver leur couvent me paraissait un peu rébarbatif mais le film est davantage une œuvre sur la musique que sur la religion. L'histoire est traitée avec art, rigueur, émotion, avec des notes d'humour et de légèreté. 


Du grand cinéma d’auteur!



Merci Air Transat pour ce marathon de cinéma. Manquait juste le pop-corn…

--------------------------------------------------------------------------
La Gazette de Lau

jeudi 5 mars 2015

5 mars 2015 - Joyeux anniversaire Marie-Laure (alias la Mémé)


La Mémé vous salue
Laurence souhaite un joyeux anniversaire à sa mère

Pour les 82 ans de vie + 2 ans de mort de ma mère, je vous présente son avatar, histoire de la sentir un peu présente parmi nous en cette journée d'anniversaire, et à l'avenir, dans cette gazette qui lui est dédiée.

Un avatar en sanskrit (avatāra) signifie "descente, incarnation divine". Dans l'hindouisme, un avatar est une incarnation (sous forme d'animaux, d'humains, etc.) d'un dieu venu sur terre pour sauver les mondes du désordre cosmique engendré par les démons. À notre époque moderne et athée, un avatar est l'apparence que prend une personne sur le Web ou dans des jeux vidéo. Sur Facebook par exemple, la plupart des personnes mettent leur photo, mais on peut aussi se représenter par un dessin, un objet, un symbole, un animal, etc. De la religion au numérique, un avatar est devenu aujourd'hui une incarnation de soi dans le monde virtuel. À défaut de pouvoir créer un être de synthèse à part entière, je me contente pour le moment d'un avatar dessiné et rigolo de ma mère grâce à l'application Bitstrips...

Et sur ce thème fascinant de l'avatar, je vous suggère un excellent film: Avatar de James Cameron sorti en 2009, un film de science-fiction qu'on peut voir en 3D. Je ne suis pas une amatrice de science-fiction mais ce film m'a captivée du début à la fin. Un ancien marine paraplégique est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora. L’atmosphère de cette planète étant toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar qui permet à des «pilotes» humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, notre héros peut marcher à nouveau. Une mission d’infiltration auprès des Na’vi lui est confiée...

Joyeux anniversaire donc à ma mère, à notre mère, à son avatar nouveau-né. Elle continue d'habiter mes pensées chaque jour, elle m'inspire, me soutient et évidemment me manque beaucoup.

samedi 3 janvier 2015

"Magnotta est une ordure" et "Cruising Bye Bye" : télé des Fêtes


        Le 23 décembre 2014, le verdict tombe : Magnotta est condamné à perpétuité pour le meurtre de l’étudiant chinois Lin Jun. Le lendemain, pour la soirée du réveillon, j’ai regardé à la télé le film Le Père Noël est une ordure, un classique comique du cinéma français. Quelle étrange coïncidence! J’ai souvent vu et revu avec plaisir le film et la pièce sortis dans les années 80. Un bon film est toujours intéressant à revoir plusieurs fois au cours de la vie. À chaque fois, la perception qu’on en a est différente en fonction de la maturité acquise et de l’évolution de la société. Le père Noël est une ordure se passe au temps où le numérique n’existait pas encore dans la vie quotidienne. L’histoire est simple : le soir de Noël, dans un appartement parisien, des bénévoles assurent la permanence d’une ligne téléphonique de SOS Détresse, et sont perturbés par l’arrivée de plusieurs personnages marginaux et farfelus, pour être emportés ensuite dans une spirale de péripéties rocambolesques qui se terminent par la mort accidentelle d’un innocent. Pour se débarrasser du cadavre, le « Père Noël », assisté de sa copine Zézette, s’installe dans la cuisine et découpe le corps en morceaux qu’ils emballent ensuite dans des paquets cadeaux. Puis la bande va joyeusement offrir les paquets aux animaux carnivores d’un zoo. Comme c’est de l’humour noir et non un film d’horreur, la scène de démembrement n’est pas montrée mais on grince quand même des dents en s’imaginant la scène. Pris par l’action du film et les personnages déjantés, je comprends que jadis on riait de bon coeur de cette fin plutôt grotesque. Mais le 24 décembre 2014, un gros malaise s’est emparé de moi en regardant la finale de cette histoire. Le film a perdu à tout jamais une partie de son innocence.

      Le soir du 31 décembre, après le Bye Bye 2014 plutôt réussi cette année malgré quelques lourdeurs, le film Cruising bar a été diffusé. Il s’agit cette fois-ci d’un classique comique du cinéma québécois que j’ai vu aussi plusieurs fois depuis sa sortie en 1989. Quatre hommes, interprétés avec brio par Michel Côté, se prépare chacun de leur côté pour une soirée de drague dans les bars. Tout comme Le Père Noël est une ordure, l’action se passe avant l’ère numérique. À cette époque-là, on était obligés de sortir dans les bars et de se confronter à l’humain pour faire des rencontres. Dans le Bye Bye, on rit des travers de notre société et de notre culture. Dans Cruising Bar, on rit des travers de la nature humaine par le biais de quatre personnages caricaturaux : narcissisme, toxicomanie, infidélité compulsive, inadaptation sociale. Et au-delà de ces travers sociétaux et humains, il y a ce perpétuel désir de plaire et d’être aimé qui résulte d’une grande solitude et d’un vide intérieur que même –et surtout pas– les réseaux sociaux aujourd’hui n’ont encore réussi à combler.

     Je suis curieuse de revoir dans 25 ans les films Le Père Noël est une ordure et Cruising bar pour en avoir une nouvelle vision, meilleure ou pire… Je vous en reparlerai!