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mardi 19 avril 2016

La vieillesse de Janette Bertrand


 "Ou bien t'es vieux ou bien t'es mort" 

Dans le mot vieillesse, il y a le mot vie!


La vieillesse de Janette Bertrand, éd. Livre Expression, les personnes âgées, vieux, ainés, la retraite, la mort, la peur de vieillir, comment bien vieillir
"La vieillesse par une vraie vieille" de Janette Bertrand, éd. Libre Expression, 2016
 
Rayon : Biographies 
Genre : Autobiographie 
Public-cible : Retraités, personnes âgées, et tous ceux qui ont peur de vieillir

Un titre accrocheur : « La vieillesse par une vraie vieille ». 

Un nom connu : Janette Bertrand. 
Un visage lisse de vieille dame. 
Et une canne!

vendredi 8 janvier 2016

L'homme idéal existe, il est Québécois : un roman de Diane Ducret


Roman d'amour
Rayon: Littérature
Genre: Roman chick lit
Cible: Femmes


Le titre de ce livre m’a littéralement accrochée. Non, il ne s'agit pas d'un essai sur l'homo sapiens québécois mais d'une comédie romantique du genre "chick lit". Je ne suis pas vraiment friande de ce genre de littérature pour filles, mais le titre du dernier roman de Diane Ducret m'a touchée personnellement. 

samedi 31 octobre 2015

"La femme qui aimait trop", une autofiction d'Érica D. (alias Fisher-Chouinard)





La vie amoureuse et familiale de Éric Lapointe

Rayon: Littérature 
Genre: hybride
Cible: femmes malheureuses en couple, fans d'Éric Lapointe

Hier, une collègue est arrivée dans mon bureau avec en main le dernier livre de Marc Fisher. Le traitement documentaire de ce livre a suscité quelques discussions professionnelles entre collègues bibliothécaires et bibliotechniciennes. 

samedi 10 octobre 2015

Virgile Stark, un cochon papivore au crépuscule des bibliothèques


"Crépuscule des bibliothèques" de Virgile Stark. Paris : Les Belles lettres, 2015

Rayon: Bibliothéconomie et sciences de l'information.
Genre: Essai.
Cible: Public averti.

Citation (quatrième de couverture): «L'autodafé symbolique a commencé. La nuit tombe sur l'esprit. Une fournaise barbare s’élève dans le pâle horizon de la culture. Le papier brûle. Les livres brûlent. Nos livres. Nos bibliothèques, emportées par la Vague numérique. Sur leurs ruines, on construit des «troisièmes lieux», des «hyperlieux», des «learning centers», des «bibliothèques 2.0». On ne jure que par la «dématérialisation». Tout doit être immolé d’urgence à l’Écran Total; et tant pis si la civilisation de l’imprimé s’effondre, tant pis si les lecteurs sont consumés par la flamme innovante. Le Progrès n’est pas nostalgique. On oubliera. On peut tout oublier. Qui regrettera le passé? Il n’y a plus de «temples du savoir», mais des biblioparcs où l’homme moderne assouvit son besoin de distractions; il n’y a plus de «gardiens du Livre», mais des techniciens enragés, fossoyeurs de leur propre héritage.»

En tant que bibliothécaire "ancienne génération", je me suis régalée à la lecture de cet essai - ou plus exactement ce pamphlet - qui parle du déclin des bibliothèques et du rôle en grande mutation des bibliothécaires. Raconté dans un style riche et incisif, avec un sens grinçant de la dérision, l'essai se dévore comme un roman tant le narrateur-bibliothécaire qui se décrit lui-même comme "archaïque", "gauchiste du book" ou "cochon papivore" devient un personnage romanesque parfois au bord de la caricature. L'auteur, lui-même bibliothécaire, qui publie sous le pseudonyme de Virgile Stark, regrette le rôle traditionnel du bibliothécaire au profit du "bibliothécaire 2.0" qui ne pense qu'en matière de numérique et de dématérialisation. Dans le milieu du livre, c'est actuellement la guerre froide du "book" contre le "e-book". L'auteur s'exprime avec passion et conviction, mais sa vision de l'avenir des bibliothèques est selon moi plutôt pessimiste voir même par moment de l'ordre de la science-fiction. Personnellement, je ne crois pas à la mort prochaine du livre papier au profit du livre numérique. Pas au Québec en tout cas. Je crois plutôt à une cohabitation respectueuse du livre papier et des supports numériques, laissant le choix à l'usager, selon ses goûts, ses humeurs ou ses besoins. On peut dire en effet que les bibliothèques disparaissent mais elle sont avantageusement remplacées par des grandes "médiathèques" que Virgile Spark appelle un peu péjorativement des "biblioparcs".

Il est vrai que le "bibliothécaire 2.0" est très éloigné du personnage érudit et humaniste des bibliothèques d'autrefois. D'ailleurs, l'auteur définit bien le travail du bibliothécaire du 21e siècle: 

«Que fait le bibliothécaire aujourd'hui? J'ai souvent remarqué que les personnes extérieures aux bibliothèques s'imaginaient que je devais "lire beaucoup" - non seulement à titre personnel, mais aussi pendant mes heures de travail [...]. Non seulement le bibliothécaire d'aujourd'hui ne lit pas mais parfois ne touche même pas, ne voit même pas un livre de sa journée, tant il est vrai que son action de passeur entre le livre et le public a été rendue caduque par la massification des fonds et par l'adoption généralisée de la démarche technicienne. Je n'ai même pas le souvenir d'avoir une seule fois donné un conseil de lecture à quiconque (je ne parle pas d'orientation bibliographique, mais de partage d'enthousiasme) [...]. Nous sommes devenus des mécaniciens, des professionnels de l'écran, des fignoleurs de rouages virtuels, quel que soit l'endroit où nous exerçons notre métier [...]. L'informatisation, surtout, a contribué à fragmenter, isoler et complexifier nos tâches, de telle sorte que tout employé d'une bibliothèque ne puisse plus être autre chose qu'un individu assis devant son ordinateur [...]. En quoi le métier de bibliothécaire se distingue-t-il aujourd'hui d'un autre métier en milieu informatisé? En rien à vrai dire. Le bibliothécaire fait comme tout le monde: il allume son unité centrale, puis il tape sur un clavier et manipule sa "souris". Il clique. Il navigue. Il googlise. Il imprime. Il crée des documents. Il ouvre des documents. Il enregistre des documents. Il remplit des tableaux. Il remplit des cases. Il remplit des champs. Il remplit des bons de commande. Il envoie des messages. Il lit des messages. Il fait suivre des messages. Il joint des PDF. Il nettoie sa messagerie. Il appelle la Cellule informatique. Il attend. Il saisit des données. Il modifie des données. Il entre des codes. Il génère des rapports. Il attend. Il fusionne des rapports. Il attend. Il comptabilise. Il compare. Il valide, puis il éteint son unité centrale.»

Étant bibliothécaire catalogueuse-classificatrice, je travaille dans le secteur du traitement et de l'analyse documentaires. Mes journées de travail ressemblent en gros à ce que décrit Virgile Stark. Par contre, j'ai encore la chance et le privilège de pouvoir toucher, feuilleter et manipuler des livres. Mais c'est un contact purement professionnel alors je ne peux pas dire que je lis vraiment. Le livre n'est dans mon travail qu'une marchandise en transit. Le produit final n'a rien de très littéraire (voir ci-dessous la notice bibliographique codée en format MARC, qui remplace la petite fiche cartonnée de jadis)... Oui, c'est un travail de "mécanicien" comme le dit si joliment et justement notre cher Virgile (Stark)...



Source: BANQ-SQTD


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Stark, Virgile. Crépuscule de bibliothèques. 
Paris : Les Belles lettres, 2015. 
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La Gazette de Lau

dimanche 17 mai 2015

"Pensées pensives" de Patrick Coppens – Coup de coeur de la Rédaction

Aphorismes, poésie, sagesse et philosophie 
"Pensées pensives"
 
de Patrick Coppens
Montréal : Triptyque, 2015.








Les « pensées » de Patrick Coppens naviguent pour notre grand plaisir entre aphorisme et poésie, sagesse et philosophie, subtilité et sensibilité, humour et dérision. Le recueil compte 269 aphorismes numérotés qui nous interpellent de manière différente en fonction du moment où on les lit ou relit, et de l'humeur dans laquelle on se trouve. Ces aphorismes, par des habiles jeux de mots, de poésie et de doubles sens, en disent long malgré leur brièveté, et ils nous laissent vraiment pensifs et songeurs. L’auteur nous parle, entre autres, de la vie, de la mort, de l’art, de la poésie, de la cuisine. À l’heure du tweet et du texto, l’aphorisme - tout comme le haïku d'ailleurs - a incontestablement une place de choix dans la littérature.

" 189. Gloire de l'aphorisme.
En avoir long à dire,
et rester bref. "

Patrick Coppens est un poète québécois d'origine française, au Québec depuis 1968. Possiblement descendant de Gauguin par sa mère, Patrick Coppens est un personnage peu banal que j'ai eu le plaisir de côtoyer quelques années en tant que collègue à SDM (Services documentaires multimédias) où il a travaillé de 1969 à 2009.Toujours des bons mots amusants, des histoires à raconter, des dessins à montrer, des livres à dédicacer, des petites friandises à offrir, Patrick Coppens était "bibliographe". Il faisait les annotations critiques des livres en littérature pour l'index CHOIX qui servait, à l'origine, d'outil de sélection de livres pour les bibliothèques. Élaborées et concises, ses annotations étaient des petits bijoux bien ciselés. Il s’était fait ainsi une certaine réputation de critique dans le milieu littéraire québécois. Depuis son départ à la retraite en 2009, les annotations pour la littérature adulte ont été malheureusement abandonnées à SDM pour une raison de rentabilité. Avec tous les sites de livres qu’on trouve sur le Web aujourd'hui, l’annotation dans les notices bibliographiques utilisées par les bibliothèques n’a plus vraiment sa raison d'être.

Voici dix de mes aphorismes préférés. Le choix a été difficile étant donné que je les aime presque tous...: 
 
1. Croire donne envie d'aimer.

8. Le hasard donne aux sciences
l'occasion de prévoir.

9. Le sage considère l'erreur
comme un changement 
d'horaire.

22. Le sexe est technique
l'amour pyrotechnique.

38. À qui veut l'entendre, le silence
dit tout ce qu'il pense.

65. Personne n'aime les claques
sur la gueule, mais il faut dire
que ça donne des couleurs.

69. J'ai souvent vécu dans ma tête.
C'était un peu exigu, mais
plutôt mieux qu'ailleurs. 

174. Ma vie est un roman 
Je préférais la poésie.
Et le plaisir d'écrire 
est la seule fiction.

245. Sois doux avec les flammes;
elles te lècheront et la
légèreté de tes cendres
enchantera la brise. 

267. J'ai passé l'âge de vieillir.
 
Patrick Coppens a l’intention de publier deux autres recueils pour produire au final 1000 aphorismes. L’idée du numéroter ses aphorismes lui a été inspirée par l’œuvre Le Gai savoir de Nietzsche. Il travaille aussi sur un dictionnaire de citations qu'il a commencé en 1965: Dico-citations. 

 
Son recueil Pensées pensives, qui est son 29e livre publié, est illustré de ses propres dessins à l'encre pigmentée. Son dessin de couverture me laisse d'ailleurs très... pensive!


Coppens, Patrick. Pensées pensives. Montréal : Triptyque, 2015.
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La Gazette de Lau

mercredi 29 avril 2015

"Lettre à Vincent" d'Éric Godin - Coup de coeur de la Rédaction

Poésie sur le thème du suicide
"Lettre à Vincent"
d'Éric Godin
avec des encres de Zilon
Montréal, Qc : Hurtubise, 2015


En parallèle de son recueil #bébéatrice (voir mon billet précédent), le peintre et illustrateur Éric Godin publie cette lettre dédiée à son fils qui s'est suicidé en 2009 à l'âge de 16 ans. C'est un cri du coeur d'un père face à l'incompréhension et l’irréparable. Une poésie qui vient de l'âme et qui va à l'essentiel, qui parle de mal-être, de mort, de deuil et d'éternité. Une poésie qui noue la gorge du lecteur mais aussi qui peut être un baume apaisant pour des parents survivants au suicide de leur enfant. 

Touchant et percutant.




Je sais où tu es. Je sais que tu es bien.
Je te sens si près de moi, prêt à me montrer un nouveau chemin.
J'ai senti ta main dans la mienne ce matin.
Les doux souvenirs prendront le dessus sur le chagrin.

Tu avais l'avenir devant toi
Et tu as choisi l'éternité.
Repose-toi.
Un jour, je viendrai.





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Godin, Éric. Lettre à Vincent. Montréal, Qc : Hurtubise, 2015.
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vendredi 24 avril 2015

#bébéatrice : un père, une fille

                                                                            

Les bons mots illustrés de la fille de Guy A. Lepage



#bébéatrice
de Béatrice Lepage et Éric Godin
Montréal, Qc : Les Éditions La Presse, 2015

Les bons mots d'enfants, c'est toujours irrésistible. Tous les parents s'émerveillent devant leur enfant qui invente des mots ou les sort de leur contexte, qui rétorque par d'étonnantes maximes pour faire la leçon aux adultes, qui impose leur conception du monde par une parole toute neuve. Le célèbre humoriste et animateur québécois Guy A. Lepage fait partie de ces parents qui sont des spectateurs émerveillés de leur progéniture. Papa Guy a pris l'habitude de twitter sur le vif les bons mots de sa petite Béatrice, avec le hashtag #bébéatrice. Le dessinateur Éric Godin a eu l'excellente idée de faire des dessins humoristiques pour illustrer les citations de Bébéatrice de deux à quatre ans. Ainsi est né ce petit recueil irrésistiblement amusant.



La caricature de Guy A Lepage avec son grand menton à la Mulroney, sa raie au milieu et sa coupe au carré, est tordante et assez ressemblante. La force du livre est d'y retrouver l'âme de l'humoriste qui après Un gars, une fille nous offre Un père, une fille, une continuité normale et évidente. Pour notre plus grand plaisir. 



Aussi, dans une bibliothèque, un livre doit être catalogué et classifié pour faciliter son repérage. Ce petit livre semblait être un ouvrage tout simple à cataloguer, mais il a posé quelques problèmes et discussions fort intéressantes entre collègues. La petite Béatrice Lepage âgée de 5 ans est considérée, par son père et par l'éditeur, comme auteure de ce livre alors qu'elle en est plutôt l'inspiratrice et l'héroïne. Le texte est composé de citations de l'enfant qui ont été recueillies par papa Guy. En fait, l'auteur réel et l'instigateur du livre est le dessinateur Éric Godin. Et il ne s'agit pas non plus d'une collaboration parce qu'il est peu probable que la fillette ait contribué à la création des dessins. Étant donné que sur la page de titre, le nom de Béatrice Lepage est mis en premier, celle-ci doit être mentionnée dans la notice bibliographique, selon les règles de catalogage nord-américaines, comme l'auteure du livre. On aurait pu, vu le contexte, déroger à la règle, mais on a jugé important de respecter la volonté du père et de l'éditeur - Ainsi soit-il! - Il y a peut-être aussi une affaire de marketing dans l'intention de l'éditeur. Et bien sûr, une affaire de fierté dans l'intention du papa.

Alors, la petite Béatrice Lepage devient ainsi la plus jeune auteure du Québec. Finalement, le hic dans cette histoire, c'est que normalement, ce sont les enfants qui font les dessins et les adultes qui écrivent les mots...





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Lepage, Béatrice. #bébéatrice, illustrations, Éric Godin. Montréal, Qc., Les Éditions La Presse, 2015.
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La Gazette de Lau

samedi 4 avril 2015

Bidochons-nous un peu...

... mais en nous culturant, s'vous plaît!
"Un 2e jour au musée avec les Bidochon" de Binet, Ramade et Lacôte

Les Bidochon sont des personnages de bandes dessinées créés par Christian Binet. Ils ont fait leur première apparition dans le magazine Fluide glacial en 1977. Robert et Raymonde Bidochon sont les stéréotypes très caricaturaux du Français moyen: lui est gros, fainéant, lâche, vaniteux, autoritaire, borné, et bête disons-le; elle est un peu plus sensée, plutôt naïve et s'ennuie auprès de son goujat de mari. Les Bidochon, au fil du temps, se sont tranquillement frayé une place dans les foyers français. Comme des amis... à ne pas ressembler!

Le tome 1 "Un jour au musée avec les Bidochon" est sorti en 2013. Binet récidive avec ce deuxième tome "Un 2e jour au musée avec les Bidochon". Robert et Raymonde Bidochon sont autant à leur place dans un musée que des chiens dans un jeu de quilles! Un livre d'art peut être rébarbatif pour des néophytes, mais vu par les yeux des Bidochon, l'initiation artistique devient plus attrayante... Chaque tableau présenté dans le livre (20 au total) est accompagné de notices explicatives "sérieuses". D'un côté, on a le regard brut des Bidochon, de l'autre le regard académique des experts. Les deux s'enrichissent à merveille.

Voilà donc une manière amusante d'apprendre à apprécier la peinture des grands maîtres, tout en nous rappelant que l'art est une affaire d'émotion et chacun est libre d'appréhender une œuvre avec son propre regard.




Ma préférée! Comment détourner un tableau de son centre d'intérêt ;-)

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Binet & al. "Un 2e jour au musée avec les Bidochon".
Paris : Fluide glacial-Audie, 2014, 95 p.

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La Gazette de Lau

samedi 28 mars 2015

Le « food art » : des tableaux qui se mangent

"L'art dans l'assiette" d'Ida Skivenes

Les grands chefs cuisiniers ont toujours accordé de l’importance à la présentation visuelle des assiettes : accord et équilibre des couleurs, des saveurs, pour contenter les yeux et les papilles des gastronomes. Avec le « food art », on va plus loin qu’une présentation harmonieuse et abstraite, on compose un tableau avec les aliments.


On pense que la création artistique est saturée, que tout a déjà été fait ou dit, mais il y a toujours des créateurs pour trouver encore des concepts innovateurs. Toutes ces nouvelles idées naissent souvent de la fusion de plusieurs domaines. Dans le « food art », la nourriture est utilisée comme un matériau de création, alliant la cuisine et l’art. Un jour peut-être des tableaux de « food art » plus perfectionnés pourront être exposés au musée... pour être savourés ensuite!


Le « food art » est amusant, ludique, ce qui en fait un art particulièrement plaisant pour les enfants. Pour leur montrer que manger sainement n’est pas forcément ennuyeux! Les magasins Monoprix en France se sont appropriés le « food art » comme image publicitaire et présentent des assiettes attrayantes, colorées et artistiquement composées (https://www.facebook.com/Monoprix).



La norvégienne Ida Skivenes s'est forgée une réputation en présentant ses créations culinaires sur son compte Instagram sous le pseudo @idafrosk. Ses oeuvres circulent abondamment sur les réseaux sociaux. Elle s’inspire de l’art moderne, des endroits qu’elle visite, des dessins animés, des films et des jeux de mots. Elle a publié un livre « L’art dans l’assiette » qui contient 70 recettes réunies par thèmes : la nature, les grands peintres, les monuments, les contes pour enfants, la BD et les films d’animation. J’ai retenu particulièrement les "toasts art" qui présentent des tableaux de peintres célèbres. Ses recettes sont faciles à reproduire, toujours avec des ingrédients simples, dont beaucoup de fruits et de légumes.

"Le cri" d'Edvard Munch
Les "montres molles" de Dali
"Le fils de l'homme" de Magritte
Une composition de Mondrian
"Portrait de Marie-Thérèse" de Picasso
Par Laurence D.
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"L'art dans l'assiette : les petites faims ludiques d'Ida Skivenes". Paris : Alternatives, 2014
159 p., 36,95 $