vendredi 24 avril 2015

#bébéatrice : un père, une fille

                                                                            

Les bons mots illustrés de la fille de Guy A. Lepage



#bébéatrice
de Béatrice Lepage et Éric Godin
Montréal, Qc : Les Éditions La Presse, 2015

Les bons mots d'enfants, c'est toujours irrésistible. Tous les parents s'émerveillent devant leur enfant qui invente des mots ou les sort de leur contexte, qui rétorque par d'étonnantes maximes pour faire la leçon aux adultes, qui impose leur conception du monde par une parole toute neuve. Le célèbre humoriste et animateur québécois Guy A. Lepage fait partie de ces parents qui sont des spectateurs émerveillés de leur progéniture. Papa Guy a pris l'habitude de twitter sur le vif les bons mots de sa petite Béatrice, avec le hashtag #bébéatrice. Le dessinateur Éric Godin a eu l'excellente idée de faire des dessins humoristiques pour illustrer les citations de Bébéatrice de deux à quatre ans. Ainsi est né ce petit recueil irrésistiblement amusant.



La caricature de Guy A Lepage avec son grand menton à la Mulroney, sa raie au milieu et sa coupe au carré, est tordante et assez ressemblante. La force du livre est d'y retrouver l'âme de l'humoriste qui après Un gars, une fille nous offre Un père, une fille, une continuité normale et évidente. Pour notre plus grand plaisir. 



Aussi, dans une bibliothèque, un livre doit être catalogué et classifié pour faciliter son repérage. Ce petit livre semblait être un ouvrage tout simple à cataloguer, mais il a posé quelques problèmes et discussions fort intéressantes entre collègues. La petite Béatrice Lepage âgée de 5 ans est considérée, par son père et par l'éditeur, comme auteure de ce livre alors qu'elle en est plutôt l'inspiratrice et l'héroïne. Le texte est composé de citations de l'enfant qui ont été recueillies par papa Guy. En fait, l'auteur réel et l'instigateur du livre est le dessinateur Éric Godin. Et il ne s'agit pas non plus d'une collaboration parce qu'il est peu probable que la fillette ait contribué à la création des dessins. Étant donné que sur la page de titre, le nom de Béatrice Lepage est mis en premier, celle-ci doit être mentionnée dans la notice bibliographique, selon les règles de catalogage nord-américaines, comme l'auteure du livre. On aurait pu, vu le contexte, déroger à la règle, mais on a jugé important de respecter la volonté du père et de l'éditeur - Ainsi soit-il! - Il y a peut-être aussi une affaire de marketing dans l'intention de l'éditeur. Et bien sûr, une affaire de fierté dans l'intention du papa.

Alors, la petite Béatrice Lepage devient ainsi la plus jeune auteure du Québec. Finalement, le hic dans cette histoire, c'est que normalement, ce sont les enfants qui font les dessins et les adultes qui écrivent les mots...





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Lepage, Béatrice. #bébéatrice, illustrations, Éric Godin. Montréal, Qc., Les Éditions La Presse, 2015.
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La Gazette de Lau

vendredi 10 avril 2015

Suggestion de la bibliothécaire - Littérature québécoise

"Les lectures terminales"  
de Jean Dumont
Ottawa : David, 2015, 132 p.

Rayon - Littérature québécoise 
Genre - Roman psychologique 
Cible - Grand public

L'histoire - Un malade en phase terminale demande à ses amis de lui envoyer anonymement le livre le plus marquant de leur vie.  

L'auteur - Premier roman d'un professeur de littérature à la retraite.

Sujets - Livres, lecture, malades, mort, amitié.
   
En deux mots - Touchant et sans prétention.




La Gazette de Lau


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samedi 4 avril 2015

Bidochons-nous un peu...

... mais en nous culturant, s'vous plaît!
"Un 2e jour au musée avec les Bidochon" de Binet, Ramade et Lacôte

Les Bidochon sont des personnages de bandes dessinées créés par Christian Binet. Ils ont fait leur première apparition dans le magazine Fluide glacial en 1977. Robert et Raymonde Bidochon sont les stéréotypes très caricaturaux du Français moyen: lui est gros, fainéant, lâche, vaniteux, autoritaire, borné, et bête disons-le; elle est un peu plus sensée, plutôt naïve et s'ennuie auprès de son goujat de mari. Les Bidochon, au fil du temps, se sont tranquillement frayé une place dans les foyers français. Comme des amis... à ne pas ressembler!

Le tome 1 "Un jour au musée avec les Bidochon" est sorti en 2013. Binet récidive avec ce deuxième tome "Un 2e jour au musée avec les Bidochon". Robert et Raymonde Bidochon sont autant à leur place dans un musée que des chiens dans un jeu de quilles! Un livre d'art peut être rébarbatif pour des néophytes, mais vu par les yeux des Bidochon, l'initiation artistique devient plus attrayante... Chaque tableau présenté dans le livre (20 au total) est accompagné de notices explicatives "sérieuses". D'un côté, on a le regard brut des Bidochon, de l'autre le regard académique des experts. Les deux s'enrichissent à merveille.

Voilà donc une manière amusante d'apprendre à apprécier la peinture des grands maîtres, tout en nous rappelant que l'art est une affaire d'émotion et chacun est libre d'appréhender une œuvre avec son propre regard.




Ma préférée! Comment détourner un tableau de son centre d'intérêt ;-)

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Binet & al. "Un 2e jour au musée avec les Bidochon".
Paris : Fluide glacial-Audie, 2014, 95 p.

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La Gazette de Lau

samedi 28 mars 2015

Le « food art » : des tableaux qui se mangent

"L'art dans l'assiette" d'Ida Skivenes

Les grands chefs cuisiniers ont toujours accordé de l’importance à la présentation visuelle des assiettes : accord et équilibre des couleurs, des saveurs, pour contenter les yeux et les papilles des gastronomes. Avec le « food art », on va plus loin qu’une présentation harmonieuse et abstraite, on compose un tableau avec les aliments.


On pense que la création artistique est saturée, que tout a déjà été fait ou dit, mais il y a toujours des créateurs pour trouver encore des concepts innovateurs. Toutes ces nouvelles idées naissent souvent de la fusion de plusieurs domaines. Dans le « food art », la nourriture est utilisée comme un matériau de création, alliant la cuisine et l’art. Un jour peut-être des tableaux de « food art » plus perfectionnés pourront être exposés au musée... pour être savourés ensuite!


Le « food art » est amusant, ludique, ce qui en fait un art particulièrement plaisant pour les enfants. Pour leur montrer que manger sainement n’est pas forcément ennuyeux! Les magasins Monoprix en France se sont appropriés le « food art » comme image publicitaire et présentent des assiettes attrayantes, colorées et artistiquement composées (https://www.facebook.com/Monoprix).



La norvégienne Ida Skivenes s'est forgée une réputation en présentant ses créations culinaires sur son compte Instagram sous le pseudo @idafrosk. Ses oeuvres circulent abondamment sur les réseaux sociaux. Elle s’inspire de l’art moderne, des endroits qu’elle visite, des dessins animés, des films et des jeux de mots. Elle a publié un livre « L’art dans l’assiette » qui contient 70 recettes réunies par thèmes : la nature, les grands peintres, les monuments, les contes pour enfants, la BD et les films d’animation. J’ai retenu particulièrement les "toasts art" qui présentent des tableaux de peintres célèbres. Ses recettes sont faciles à reproduire, toujours avec des ingrédients simples, dont beaucoup de fruits et de légumes.

"Le cri" d'Edvard Munch
Les "montres molles" de Dali
"Le fils de l'homme" de Magritte
Une composition de Mondrian
"Portrait de Marie-Thérèse" de Picasso
Par Laurence D.
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"L'art dans l'assiette : les petites faims ludiques d'Ida Skivenes". Paris : Alternatives, 2014
159 p., 36,95 $





samedi 21 mars 2015

"Coquelicot, et autres mots que j'aime" d'Anne Sylvestre - Coup de coeur de la Rédaction


J'aime la consonnance du mot "coquelicot" et les souvenirs qu'il évoque dans mon esprit. Pour moi, les coquelicots, ce sont les vacances d'enfance dans la Nièvre, le petites touches de rouge qui colorent les champs, les pétales soyeux et délicats, les boutons qu'on ouvrait pour découvrir la couleur de la fleur pliée dans son cocon - rouge, orange ou jaune. Et les bouquets sur la table, aussi éphémères que des papillons. Le coquelicot est une fleur inspirante qui a souvent été mise à l'honneur par les artistes. Il y a si longtemps que je n'ai pas vu de coquelicots sauvages. Ils ne survivent malheureusement pas à l'hiver canadien.


"Coquelicot" d'Anne Sylvestre
Dans son livre, Anne Sylvestre, la célèbre auteure-compositrice-interprète française, a choisi pêle-mêle 80 mots qu'elle aimait, de "Coquelicot" à "Mot", en passant par "Agate", "Escogriffe", "Édredon", "Libellule", "Bric-à-brac", "Labyrinthe", "Rutabaga", etc. C'est Philippe Delerm, directeur de la collection "Le goût des mots" aux éditions Points, qui a insisté pour qu'elle se lance dans cet exercice littéraire et intime. Delerm a d'ailleurs déjà publié un ouvrage "Les mots que j'aime" dans la même collection en 2013. On retrouve chez Anne Sylvestre le même genre de sensibilité que Philippe Delerm mais, je dirais, avec plus de maturité. Elle décrit avec beaucoup de joie, de poésie et d'émotion tous ces mots qu'elle aime et nous fait pénétrer avec une finesse aérienne dans sa propre intimité. Nous faisant ainsi découvrir une femme sensible, drôle et pleine de vie. 

Un premier livre réussi.



Par Laurence D.


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Sylvestre, Anne. "Coquelicot, et autres mots que j'aime", Paris : Points, 2014.

lundi 16 mars 2015

Couvertures de livres artistiques

 
 


Cliquer ici:






La couverture d'un livre est comme le visage d'une personne qu'on voit pour la première fois. C'est un premier contact déterminant pour avoir envie de découvrir un livre inconnu, de l'ouvrir, le feuilleter, de l'acheter ou l'emprunter. Les graphistes déploient leurs talents pour rendre ces "visages" attrayants et uniques, qui deviennent parfois une œuvre d'art en soi.

Certaines personnes classent leur bibliothèque personnelle par couleur plutôt que par thèmes. Dans le même ordre d'esprit, je me compose une bibliothèque virtuelle de livres dont la beauté et l'originalité de la couverture touchent une corde sensible en moi.

Je concentre mes choix sur les livres pour adultes en langue française publiés au 21e siècle. Les couvertures de romans en France et au Québec ont un graphisme souvent plus sobre et moins racoleur que les couvertures d'autres pays qui n'hésitent pas à exhiber des couleurs vives et des grosses lettres gaufrées. Certaines maisons d'édition françaises gardent leur traditionnelle sobriété, parfois ennuyante, le jaune beurre de Grasset, le bleu de Stock, le blanc de Gallimard, mettant la littérature et l'auteur en avant-plan. Ces éditeurs s'aventurent parfois à mettre une jaquette illustrée ou un bandeau coloré – qui termine souvent en marque-page! –.  Les couvertures sobres intimident davantage le lecteur par leur connotation plus élitiste. De jeunes maisons d'édition, telles que le Diable Vauvert, Le Tripode ou Toussaint Louverture en France, se risquent à des créations visuelles plus inventives. 

Pour trouver des couvertures plus élaborées, plus colorées, il faut se tourner vers les livres de poche ou les livres documentaires qui accordent une place prépondérante au graphisme et à l'illustration de la page couverture. Certains genres littéraires tels que la science-fiction, le fantastique, le chick lit, ont des couvertures plus tape-à-l'oeil. Comme de nos jours les livres se vendent de plus en plus dans des grandes surfaces ou sur le Web, il est primordial que la couverture accroche l'oeil. 
 
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samedi 7 mars 2015

Nous sommes Charlie : s'exprimer en toute liberté



 NOUS SOMMES CHARLIE

Ces trois mots blancs sur fond noir resteront gravés dans nos mémoires. Ils ont fait le tour des réseaux sociaux et sont pour toujours liés aux attentats terroristes de Charlie Hebdo. 
 
Face à de tels événements, le monde a ressenti le besoin d'exprimer l'ineffable, de se vider le coeur pour essayer de comprendre. Ce petit recueil regroupe 60 textes écrits sur le vif ainsi que quelques textes classiques qui font intervenir pour la cause Beaumarchais, Voltaire, Diderot, Hugo. 

Des écrivains, philosophes, journalistes - de Beigbeder à Van Cauwelaert, en passant par André Comte-Sponville, Bernard-Henri Lévy, Katherine Pancol, Bernard Pivot, Éric-Emmanuel Schmitt et bien d'autres - expriment librement leur ressenti et leur colère. La variété de ton et d'approche (fiction, anecdote, souvenir, poème, etc.) rend le recueil intéressant et émouvant à lire. Et pas racoleur du tout. L'émotion pure génère toujours l'authenticité.

Je vous présente deux extraits: une phrase percutante de Delphine Coulin, jeune écrivaine et réalisatrice:
In: Nous sommes Charlie, Le Livre de poche, 2015

"Si un dieu a peur d'un dessin, c'est qu'il est plus petit qu'un crayon -- ou que les mots sont plus grand que lui."
Et le caustique "Manuel du fanatique : pour en finir avec l'humanisme, la sagesse, la tolérance et autres débilités" de Éric-Emmanuel Schmitt. Comment expliquer les choses par leur contraire pour en montrer la pleine absurdité, en 34 commandements: 

"Manuel du fanatique" par É.-E Schmitt, in: Nous sommes Charlie


 Tous les bénéfices de cet ouvrage seront reversés à Charlie Hebdo.
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"Nous sommes Charlie". Paris : Le Livre de poche, 2015, 162 p. 
5 euros / 8.95 $




jeudi 5 mars 2015

5 mars 2015 - Joyeux anniversaire Marie-Laure (alias la Mémé)


La Mémé vous salue
Laurence souhaite un joyeux anniversaire à sa mère

Pour les 82 ans de vie + 2 ans de mort de ma mère, je vous présente son avatar, histoire de la sentir un peu présente parmi nous en cette journée d'anniversaire, et à l'avenir, dans cette gazette qui lui est dédiée.

Un avatar en sanskrit (avatāra) signifie "descente, incarnation divine". Dans l'hindouisme, un avatar est une incarnation (sous forme d'animaux, d'humains, etc.) d'un dieu venu sur terre pour sauver les mondes du désordre cosmique engendré par les démons. À notre époque moderne et athée, un avatar est l'apparence que prend une personne sur le Web ou dans des jeux vidéo. Sur Facebook par exemple, la plupart des personnes mettent leur photo, mais on peut aussi se représenter par un dessin, un objet, un symbole, un animal, etc. De la religion au numérique, un avatar est devenu aujourd'hui une incarnation de soi dans le monde virtuel. À défaut de pouvoir créer un être de synthèse à part entière, je me contente pour le moment d'un avatar dessiné et rigolo de ma mère grâce à l'application Bitstrips...

Et sur ce thème fascinant de l'avatar, je vous suggère un excellent film: Avatar de James Cameron sorti en 2009, un film de science-fiction qu'on peut voir en 3D. Je ne suis pas une amatrice de science-fiction mais ce film m'a captivée du début à la fin. Un ancien marine paraplégique est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora. L’atmosphère de cette planète étant toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar qui permet à des «pilotes» humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, notre héros peut marcher à nouveau. Une mission d’infiltration auprès des Na’vi lui est confiée...

Joyeux anniversaire donc à ma mère, à notre mère, à son avatar nouveau-né. Elle continue d'habiter mes pensées chaque jour, elle m'inspire, me soutient et évidemment me manque beaucoup.

samedi 21 février 2015

[Couverture de livre artistique] Yeux


Ces plumes de paon sont comme des yeux qui nous observent. Belle analogie pour présenter ce livre qui traite des multiples manières de voir, dans toutes les sphères de la vie et de la science.

Autres couvertures de livres sur Pinterest
 
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 Serres, Michel. "Yeux". Paris : Le Pommier, 2014, 192 p.

Le "Matin brun" de Pavloff : État brun, VDM

Pour faire écho à la philosophie des Lumières de Voltaire et de son Traité sur l'Intolérance, voici une fable des temps modernes écrite par l'auteur français d'origine bulgare, Franck Pavloff. Avec la simplicité des contes pour enfants, l'histoire aborde un sujet lourd: le totalitarisme. L'État brun a décidé qu'il était interdit d'avoir des chiens et des chats d'une autre couleur que brune. Le narrateur et son ami, qui veulent éviter les problèmes, se résignent à tuer leurs compagnons à quatre pattes pour reprendre quelque temps après un chat et un chien bruns, et se conformer ainsi à la loi. Mais l'État décide alors que tous ceux qui avaient possédé dans le passé un chien et un chat autre que bruns représentaient une insulte à la nation et devaient être arrêtés. En peu de mots, l'auteur réussit à raconter la lente dégringolade d'un état dans le totalitarisme. Et la couleur brune est très symbolique: État brun, politique brune, vie sans couleur, vie de merde.

Cette histoire forte, intemporelle, porte à réfléchir sur la montée du totalitarisme et des extrémismes, et le désarroi des personnes qui se trouvent confrontées à de telles abérrations. L'oeuvre de Pavloff peut être lue à tout âge, d'où son énorme succès depuis sa sortie en 1998. Les éditions Albin Michel publie la fable de Pavloff dans un petit format s'apparentant aux livres pour enfants, avec des illustrations de l'artiste urbain C215. Ces oeuvres sont belles et percutantes mais n'apportent rien selon moi à l'histoire qui se suffit à elle-même.

L'universalité de cette fable a mené à toutes sortes d'analyses, et on ne peut s'empêcher de faire référence au premier abord aux nazis (les "chemises brunes") et à l'Holocauste. Et aussi reviennent à la mémoire les mots de Martin Niemöller, pasteur antinazi: "Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif ; quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester" (1942).

À lire, à partager et à méditer, pour ne plus jamais laisser des États et des matins bruns exister.
Texte intégral en pdf

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Pavloff, Franck. "Matin brun", oeuvres de C215. Paris : Albin Michel, 2014, 69 p, 20 cm.