samedi 28 mars 2015

Le « food art » : des tableaux qui se mangent

"L'art dans l'assiette" d'Ida Skivenes

Les grands chefs cuisiniers ont toujours accordé de l’importance à la présentation visuelle des assiettes : accord et équilibre des couleurs, des saveurs, pour contenter les yeux et les papilles des gastronomes. Avec le « food art », on va plus loin qu’une présentation harmonieuse et abstraite, on compose un tableau avec les aliments.


On pense que la création artistique est saturée, que tout a déjà été fait ou dit, mais il y a toujours des créateurs pour trouver encore des concepts innovateurs. Toutes ces nouvelles idées naissent souvent de la fusion de plusieurs domaines. Dans le « food art », la nourriture est utilisée comme un matériau de création, alliant la cuisine et l’art. Un jour peut-être des tableaux de « food art » plus perfectionnés pourront être exposés au musée... pour être savourés ensuite!


Le « food art » est amusant, ludique, ce qui en fait un art particulièrement plaisant pour les enfants. Pour leur montrer que manger sainement n’est pas forcément ennuyeux! Les magasins Monoprix en France se sont appropriés le « food art » comme image publicitaire et présentent des assiettes attrayantes, colorées et artistiquement composées (https://www.facebook.com/Monoprix).



La norvégienne Ida Skivenes s'est forgée une réputation en présentant ses créations culinaires sur son compte Instagram sous le pseudo @idafrosk. Ses oeuvres circulent abondamment sur les réseaux sociaux. Elle s’inspire de l’art moderne, des endroits qu’elle visite, des dessins animés, des films et des jeux de mots. Elle a publié un livre « L’art dans l’assiette » qui contient 70 recettes réunies par thèmes : la nature, les grands peintres, les monuments, les contes pour enfants, la BD et les films d’animation. J’ai retenu particulièrement les "toasts art" qui présentent des tableaux de peintres célèbres. Ses recettes sont faciles à reproduire, toujours avec des ingrédients simples, dont beaucoup de fruits et de légumes.

"Le cri" d'Edvard Munch
Les "montres molles" de Dali
"Le fils de l'homme" de Magritte
Une composition de Mondrian
"Portrait de Marie-Thérèse" de Picasso
Par Laurence D.
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"L'art dans l'assiette : les petites faims ludiques d'Ida Skivenes". Paris : Alternatives, 2014
159 p., 36,95 $





samedi 21 mars 2015

"Coquelicot, et autres mots que j'aime" d'Anne Sylvestre - Coup de coeur de la Rédaction


J'aime la consonnance du mot "coquelicot" et les souvenirs qu'il évoque dans mon esprit. Pour moi, les coquelicots, ce sont les vacances d'enfance dans la Nièvre, le petites touches de rouge qui colorent les champs, les pétales soyeux et délicats, les boutons qu'on ouvrait pour découvrir la couleur de la fleur pliée dans son cocon - rouge, orange ou jaune. Et les bouquets sur la table, aussi éphémères que des papillons. Le coquelicot est une fleur inspirante qui a souvent été mise à l'honneur par les artistes. Il y a si longtemps que je n'ai pas vu de coquelicots sauvages. Ils ne survivent malheureusement pas à l'hiver canadien.


"Coquelicot" d'Anne Sylvestre
Dans son livre, Anne Sylvestre, la célèbre auteure-compositrice-interprète française, a choisi pêle-mêle 80 mots qu'elle aimait, de "Coquelicot" à "Mot", en passant par "Agate", "Escogriffe", "Édredon", "Libellule", "Bric-à-brac", "Labyrinthe", "Rutabaga", etc. C'est Philippe Delerm, directeur de la collection "Le goût des mots" aux éditions Points, qui a insisté pour qu'elle se lance dans cet exercice littéraire et intime. Delerm a d'ailleurs déjà publié un ouvrage "Les mots que j'aime" dans la même collection en 2013. On retrouve chez Anne Sylvestre le même genre de sensibilité que Philippe Delerm mais, je dirais, avec plus de maturité. Elle décrit avec beaucoup de joie, de poésie et d'émotion tous ces mots qu'elle aime et nous fait pénétrer avec une finesse aérienne dans sa propre intimité. Nous faisant ainsi découvrir une femme sensible, drôle et pleine de vie. 

Un premier livre réussi.



Par Laurence D.


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Sylvestre, Anne. "Coquelicot, et autres mots que j'aime", Paris : Points, 2014.

lundi 16 mars 2015

Couvertures de livres artistiques

 
 


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La couverture d'un livre est comme le visage d'une personne qu'on voit pour la première fois. C'est un premier contact déterminant pour avoir envie de découvrir un livre inconnu, de l'ouvrir, le feuilleter, de l'acheter ou l'emprunter. Les graphistes déploient leurs talents pour rendre ces "visages" attrayants et uniques, qui deviennent parfois une œuvre d'art en soi.

Certaines personnes classent leur bibliothèque personnelle par couleur plutôt que par thèmes. Dans le même ordre d'esprit, je me compose une bibliothèque virtuelle de livres dont la beauté et l'originalité de la couverture touchent une corde sensible en moi.

Je concentre mes choix sur les livres pour adultes en langue française publiés au 21e siècle. Les couvertures de romans en France et au Québec ont un graphisme souvent plus sobre et moins racoleur que les couvertures d'autres pays qui n'hésitent pas à exhiber des couleurs vives et des grosses lettres gaufrées. Certaines maisons d'édition françaises gardent leur traditionnelle sobriété, parfois ennuyante, le jaune beurre de Grasset, le bleu de Stock, le blanc de Gallimard, mettant la littérature et l'auteur en avant-plan. Ces éditeurs s'aventurent parfois à mettre une jaquette illustrée ou un bandeau coloré – qui termine souvent en marque-page! .  Les couvertures sobres intimident davantage le lecteur par leur connotation plus élitiste. De jeunes maisons d'édition, telles que le Diable Vauvert, Le Tripode ou Toussaint Louverture en France, se risquent à des créations visuelles plus inventives. 

Pour trouver des couvertures plus élaborées, plus colorées, il faut se tourner vers les livres de poche ou les livres documentaires qui accordent une place prépondérante au graphisme et à l'illustration de la page couverture. Certains genres littéraires tels que la science-fiction, le fantastique, le chick lit, ont des couvertures plus tape-à-l'oeil. Comme de nos jours les livres se vendent de plus en plus dans des grandes surfaces ou sur le Web, il est primordial que la couverture accroche l'oeil. 
 
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samedi 7 mars 2015

Nous sommes Charlie : s'exprimer en toute liberté



 NOUS SOMMES CHARLIE

Ces trois mots blancs sur fond noir resteront gravés dans nos mémoires. Ils ont fait le tour des réseaux sociaux et sont pour toujours liés aux attentats terroristes de Charlie Hebdo. 
 
Face à de tels événements, le monde a ressenti le besoin d'exprimer l'ineffable, de se vider le coeur pour essayer de comprendre. Ce petit recueil regroupe 60 textes écrits sur le vif ainsi que quelques textes classiques qui font intervenir pour la cause Beaumarchais, Voltaire, Diderot, Hugo. 

Des écrivains, philosophes, journalistes - de Beigbeder à Van Cauwelaert, en passant par André Comte-Sponville, Bernard-Henri Lévy, Katherine Pancol, Bernard Pivot, Éric-Emmanuel Schmitt et bien d'autres - expriment librement leur ressenti et leur colère. La variété de ton et d'approche (fiction, anecdote, souvenir, poème, etc.) rend le recueil intéressant et émouvant à lire. Et pas racoleur du tout. L'émotion pure génère toujours l'authenticité.

Je vous présente deux extraits: une phrase percutante de Delphine Coulin, jeune écrivaine et réalisatrice:
In: Nous sommes Charlie, Le Livre de poche, 2015

"Si un dieu a peur d'un dessin, c'est qu'il est plus petit qu'un crayon -- ou que les mots sont plus grand que lui."
Et le caustique "Manuel du fanatique : pour en finir avec l'humanisme, la sagesse, la tolérance et autres débilités" de Éric-Emmanuel Schmitt. Comment expliquer les choses par leur contraire pour en montrer la pleine absurdité, en 34 commandements: 

"Manuel du fanatique" par É.-E Schmitt, in: Nous sommes Charlie


 Tous les bénéfices de cet ouvrage seront reversés à Charlie Hebdo.
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"Nous sommes Charlie". Paris : Le Livre de poche, 2015, 162 p. 
5 euros / 8.95 $




jeudi 5 mars 2015

5 mars 2015 - Joyeux anniversaire Marie-Laure (alias la Mémé)


La Mémé vous salue
Laurence souhaite un joyeux anniversaire à sa mère

Pour les 82 ans de vie + 2 ans de mort de ma mère, je vous présente son avatar, histoire de la sentir un peu présente parmi nous en cette journée d'anniversaire, et à l'avenir, dans cette gazette qui lui est dédiée.

Un avatar en sanskrit (avatāra) signifie "descente, incarnation divine". Dans l'hindouisme, un avatar est une incarnation (sous forme d'animaux, d'humains, etc.) d'un dieu venu sur terre pour sauver les mondes du désordre cosmique engendré par les démons. À notre époque moderne et athée, un avatar est l'apparence que prend une personne sur le Web ou dans des jeux vidéo. Sur Facebook par exemple, la plupart des personnes mettent leur photo, mais on peut aussi se représenter par un dessin, un objet, un symbole, un animal, etc. De la religion au numérique, un avatar est devenu aujourd'hui une incarnation de soi dans le monde virtuel. À défaut de pouvoir créer un être de synthèse à part entière, je me contente pour le moment d'un avatar dessiné et rigolo de ma mère grâce à l'application Bitstrips...

Et sur ce thème fascinant de l'avatar, je vous suggère un excellent film: Avatar de James Cameron sorti en 2009, un film de science-fiction qu'on peut voir en 3D. Je ne suis pas une amatrice de science-fiction mais ce film m'a captivée du début à la fin. Un ancien marine paraplégique est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora. L’atmosphère de cette planète étant toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar qui permet à des «pilotes» humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, notre héros peut marcher à nouveau. Une mission d’infiltration auprès des Na’vi lui est confiée...

Joyeux anniversaire donc à ma mère, à notre mère, à son avatar nouveau-né. Elle continue d'habiter mes pensées chaque jour, elle m'inspire, me soutient et évidemment me manque beaucoup.

samedi 21 février 2015

[Couverture de livre artistique] Yeux


Ces plumes de paon sont comme des yeux qui nous observent. Belle analogie pour présenter ce livre qui traite des multiples manières de voir, dans toutes les sphères de la vie et de la science.

Autres couvertures de livres sur Pinterest
 
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 Serres, Michel. "Yeux". Paris : Le Pommier, 2014, 192 p.

Le "Matin brun" de Pavloff : État brun, VDM

Pour faire écho à la philosophie des Lumières de Voltaire et de son Traité sur l'Intolérance, voici une fable des temps modernes écrite par l'auteur français d'origine bulgare, Franck Pavloff. Avec la simplicité des contes pour enfants, l'histoire aborde un sujet lourd: le totalitarisme. L'État brun a décidé qu'il était interdit d'avoir des chiens et des chats d'une autre couleur que brune. Le narrateur et son ami, qui veulent éviter les problèmes, se résignent à tuer leurs compagnons à quatre pattes pour reprendre quelque temps après un chat et un chien bruns, et se conformer ainsi à la loi. Mais l'État décide alors que tous ceux qui avaient possédé dans le passé un chien et un chat autre que bruns représentaient une insulte à la nation et devaient être arrêtés. En peu de mots, l'auteur réussit à raconter la lente dégringolade d'un état dans le totalitarisme. Et la couleur brune est très symbolique: État brun, politique brune, vie sans couleur, vie de merde.

Cette histoire forte, intemporelle, porte à réfléchir sur la montée du totalitarisme et des extrémismes, et le désarroi des personnes qui se trouvent confrontées à de telles abérrations. L'oeuvre de Pavloff peut être lue à tout âge, d'où son énorme succès depuis sa sortie en 1998. Les éditions Albin Michel publie la fable de Pavloff dans un petit format s'apparentant aux livres pour enfants, avec des illustrations de l'artiste urbain C215. Ces oeuvres sont belles et percutantes mais n'apportent rien selon moi à l'histoire qui se suffit à elle-même.

L'universalité de cette fable a mené à toutes sortes d'analyses, et on ne peut s'empêcher de faire référence au premier abord aux nazis (les "chemises brunes") et à l'Holocauste. Et aussi reviennent à la mémoire les mots de Martin Niemöller, pasteur antinazi: "Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif ; quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester" (1942).

À lire, à partager et à méditer, pour ne plus jamais laisser des États et des matins bruns exister.
Texte intégral en pdf

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Pavloff, Franck. "Matin brun", oeuvres de C215. Paris : Albin Michel, 2014, 69 p, 20 cm.

samedi 14 février 2015

[Couverture de livre artistique] Richard Robesco



"Le muscle de l'étreinte" de Loïse Lavallée, illustration de Richard Robesco

La couverture d’un livre est comme le visage d’une personne qu’on voit pour la première fois. C’est un premier contact déterminant pour avoir envie de découvrir un livre inconnu, de l’ouvrir, le feuilleter, de l’acheter ou l’emprunter. Les graphistes déploient leurs talents pour rendre ces « visages » attrayants et uniques, qui deviennent parfois une petite œuvre d’art en soi.

Les livres sont choisis et analysés sur le plan intellectuel mais rarement sur le plan matériel comme on le ferait d'un objet. Certaines personnes classent leur bibliothèque personnelle par couleur plutôt que par ordre alphabétique ou thèmes. Dans le même ordre d'esprit, j’ai décidé de faire une sélection de livres, parmi les centaines de documents qui me passent entre les mains chaque semaine, en fonction de l'originalité de leur couverture.

« Le muscle de l’étreinte » de Loïse Lavallée est un recueil de poésie chargée de désir et de sensualité. Un beau visage de jeune femme en couverture, une tête de mort, des textures: le mystère, l’étrangeté et la beauté de l’œuvre de Richard Robesco, artiste montréalais, est une belle invitation à pénétrer dans ce recueil de poésie à saveur érotique Le recueil est magnifiquement enrichi par les oeuvres de Richard Robesco, un artiste montréalais qui se consacre à la photographie, à la peinture et aux médias mixtes.

Autres couvertures de livres à voir 
 
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Lavallée , Loïse. « Le muscle de l’étreinte », illustrations de Richard Robesco. Gatineau, Québec, Neige-galerie, 2014.